« "Conçues pour durer" :

Perspectives francophones sur les musiques hip-hop »

Colloque international francophone

 

1er – 3 FEVRIER 2017 – Paris, Maison des Métallos

 

 

Depuis 40 ans, les musiques hip-hop portent des esthétiques fondées sur de nouvelles technologies musicales (DJing, sampling, MAO…) et des innovations dans les techniques de voix (interprétations rappées, ragga, human beatboxing…). Souvent données pour des modes éphémères, ces pratiques artistiques se sont avérées non seulement pérennes, mais influentes. Elles ont contribué à des transformations économiques, culturelles, linguistiques et esthétiques, et ce à une échelle internationale : dynamiques de globalisation et d’appropriation culturelle, dématérialisation des œuvres, économie de la réputation, productions transmédias… Pour paraphraser le titre d’un album de rap qui a fait date, elles semblent bel et bien « conçues pour durer »1.

Le colloque international et pluridisciplinaire « Conçues pour durer. Perspectives francophones sur les musiques hip-hop » mettra en valeur les acquis et les nouvelles perspectives de la recherche scientifique sur les musiques hip-hop dans les mondes francophones et au-delà. Il y sera aussi bien question de l’économie des musiques hip-hop, de leurs formes esthétiques, de leurs enjeux politiques, de leur institutionnalisation et leur patrimonialisation, que de leurs circulations transnationales et des appropriations dont elles font l’objet par des publics variés.

Evènement scientifique, ce colloque se veut aussi un évènement culturel : il réunira des artistes, des professionnel-le-s et des universitaires autour de rencontres artistiques et de discussions à propos des différentes musiques liées au hip-hop (turntablism, beatmaking, r’n’b, slam…) ou à propos des enjeux politiques soulevés par ces mouvements musicaux.

 

 

Les partenaires

 

   

     

        

 

 

 

 

L’équipe organisatrice

 

 L’organisation du colloque « "Conçues pour durer" : perspectives francophones sur les musiques hip-hop » est assurée par une équipe se situant au cœur des réflexions universitaires actuelles sur le sujet. Elle regroupe des chercheur-e-s ayant organisé plusieurs séminaires et publié de nombreux articles ou ouvrages de références sur ces musiques. Cette équipe a également été partie prenante, il y a deux ans, de la création de la liste de diffusion sur le hip-hop dans l’enseignement, la recherche et la culture (liste de diffusion H-Herc).L’équipe est composée de six membres :

 

  • Alice ATERIANUS-OWANGA (anthropologie, postdoctorante FMSH/IFAS Johannesburg, Laboratoire IIAC/LAHIC)

 

  • Emmanuelle CARINOS (littérature, masterante, ENS/EHESS)

 

  • Séverin GUILLARD (géographie, docteur, chercheur associé au Lab’Urba)

 

  • Karim HAMMOU (sociologie, chargé de recherche CNRS, Cresppa-CSU)

 

  • Virginie MILLIOT (anthropologie, Université Paris Nanterre, LESC)

 

  • Marie SONNETTE (sociologie, maître de conférences, Université d’Angers, Laboratoire ESO)

 

Contact : Comité d’organisation du colloque, colloquemusiqueshiphop@gmail.com

 

 

 

PROGRAMME PREVISIONNEL

 

 

MERCREDI 1ER FEVRIER

 

JEUDI 2 FEVRIER

 

VENDREDI 3 FEVRIER

9 h

 

 

 

 

 

 

 

 

9h30

Accueil café

 

 

 

Accueil café

10h

Introduction

 

 

 

Session 6 : Ecritures

10h30

Conférence 1 :
Murray Forman

 

Accueil café

 

Anthony Pecqueux

B. Dufau, M. Kneubühler, J. McEwen, K. Rassoul Thiam

11h

 

Session 4 : Authenticités

Hyacinthe Ravet

C. Lesacher, P. Reimer, C. Roquebert et V. Brincker

 

11h30

pause

 

 

12h

Session 1 : Scènes locales

 

 

pause

12h30

Stéphane Dorin

A. Cuomo, G. Guibert et C. Navarro

 

 

Table-ronde 3 :
Les musiques hip-hop au-delà du rap

13h

 

midi

 

13h30

midi

 

 

midi

14h

 

 

14h30

 

Conférence 2 :
Sujatha Fernandes

 

15h

Session 2 : Esthétiques

Ch

 

 

Session 7 : Outils d'analyse

15h30

Chritian Béthune

P. Chodakova et A. Podhorna-Policka
M. Déon, et JM Jacono

 

pause

 

David Diallo

A. Contesse, O. Migliore, S. Seye

16h

 

Session 5 : Expériences musicales

Stéphanie Molinero

F. Debruyne, F. Eloy et T. Legon, P. Guérin, JE Lizaire

 

16h30

pause

 

 

pause

17h

Session 3 : Institutionnalisations

Roberta Shapiro

V. Becquet, JM Manga, N. Tatchim

 

 

Session 8 : Genres

17h30

 

 

Nassima Moujoud

M. Dalibert, K. Djavadzadeh, C. Sauvage

18h

 

pause

 

18h30

 

 

Projection de documentaire

« Boy Saloum : la révolte des Y’en A Marre »

de Audrey Gallet

 

pause

19h

 

 

 

Conclusion du colloque :
KoHndo

19h30

Table-ronde 1 (La Place):

Quels lieux pour le hip-hop ?

 

 

20h

 

Table-ronde 2 :
Des artistes hip-hop au cœur des mobilisations politiques

 

Showcase D’ de Kabal

20h30

Soirée musicale (La Place)

 

 

Cocktail

21h

 

Cocktail

 

21h30

 

 

22h

 

 

 

 

 

DETAIL DES SESSIONS

 

Session 1 : Scènes locales – Stéphane Dorin

Mercredi 11h30 – 13h

  • Anna Cuomo

La construction d'une scène rap underground au Burkina Faso : entre "ouverture des possibles" et ambigüités relationnelles

  • Gérôme Guibert

Le hip hop local comme incubateur. Le rôle de la scène rap nantaise dans l’émergence et la consolidation des projets musicaux menés par 20syl, Hocus Pocus et C2C (1997-2001)

  • Cécile Navarro

Pratiques circulatoires d'artistes de rap sénégalais: la construction d'une scène musicale locale

 

Session 2 : Esthétiques – Christian Béthune

Mercredi 14h30 -16h

  • Polina Chodakova et Alena Podhorna-Policka

Analyse sémio-sémantique de la gestuelle dans les clips vidéo de rap

  • Maxence Déon

This is a journey into sound : envisager le sampling comme un langage musical propre

  • Jean-Marie Jacono

Le sens des contrastes sonores et musicaux dans les productions de rap de Marseille

 

 

Session 3 : Institutionnalisations – Roberta Shapiro

Mercredi 16h30-18h

  • Vincent Becquet

Ce que les pouvoirs publics font au Hip-hop : le cas lillois du Centre Euro-Régional des Cultures Urbaines.

  • Jean-Marcellin Manga

« S’unir ou périr » : retour sur quelques enjeux de la création du syndicat national des acteurs des musiques urbaines (Synamur) au Cameroun

  • Nicanor Tatchim

« La musique urbaine camerounaise à l’épreuve de l’économie informelle de la culture : logiques socio-économiques et des pratiques professionnelles des musiciens du hip-hop ».

 

 

Session 4 : Authenticités – Hyacinthe Ravet

Jeudi 11h – 13h

  • Claire Lesacher

Se dire « rappeuse » ou non : des positionnements discursifs qui engagent des enjeux de catégorisation de l’activité musicale et des enjeux de genre.

  • Peter Reimer

Changement d’authentification des « Blocks » aux « Cités D’Or »

  • Corentin Roquebert

« Faire du rap de » - Analyse du lexique d’autodéfinition du rap

  • Virginie Brincker

Héritages de Césaire, Fanon et Glissant : stratégies d’authentification et processus identitaires

 

 

Session 5 : Expériences musicales – Stéphanie Molinero

Jeudi 14h30 – 16h30

  • François Debruyne

Présence et écoute du rap en public : une banalisation inachevée

  • Florence Eloy et Thomas Legon

Les formes de distinction parmi les jeunes auditeurs de rap : d’une sociologie de la consommation à une sociologie de la réception

  • Pauline Guérin

La « conversation d’amateurs » de rap : légitimations et illégitimations des pratiques culturelles des femmes

  • Jean Evenson Lizaire

Raisons et liaisons du rap : comment se construit le feeling du mélomane et du rappeur pratiquant ?

 

 

Session 6 : Ecritures – Anthony Pecqueux

Vendredi 9h30 – 11h30

  • Benoît Dufau

Le rap comme nouvelle forme de cynisme. Quatre chiennes de plume : Booba, Casey, Fuzati, Vîrus

  • Marine Kneubühler

Du je-rappeur au on-humain : de l’altérité à soi pour « faire collectif »

  • Jérémie McEwen

Machiavel et Tupac Shakur

  • Khadimou Rassoul Thiam

Plurilinguisme, variété discursive et positionnement stratégique dans le hip hop sénégalais : typologie et Fonctions pragmatiques des interférences linguistiques dans l’album Encyclopédie du groupe Keur gui

 

 

Session 7 : Outils d’analyse – David Diallo

Vendredi 14h30 – 16h

  • Adrien Contesse

Vocal Grammatics : Une écriture pour le beatbox

  • Olivier Migliore

Analyser la prosodie musicale du rap et du ragga français (1977-1992) à l’aide de l’outil informatique : de DJ Dee Nasty à MC Solaar (1984-1991)

  • Sidy Seye

HipHopedia. Online Hip Hop Encyclopaedia

 

 

Session 8 : Genres – Nassima Moujoud

Vendredi 16h30 – 18h

  • Marion Dalibert

Des masculinités ethnoracialisées. Rappeurs et rappeuses dans le Monde, Libération et le Figaro (2000-2014).

  • Keivan Djavadzadeh

«  Gangstresses and Bitches First ! Quelle esthétique pour la scène gangsta-rap féminine ? »

  • Célia Sauvage

Politique du regard et représentations alternatives du « female gaze » dans les clips de hip hop féminin américains

 

Détail des tables-rondes et projections

 

Table-ronde 1 : Quels lieux pour le hip-hop ?

Les centres culturels de Lille, Paris et Dakar : entre structuration artistique et projet urbain

 

Mercredi 19h – 20h

Depuis les années 1990, les musiques hip-hop ont fait l’objet d’une attention accrue de la part des pouvoirs publics. Alors que leurs politiques ont longtemps concerné des événements et des initiatives ponctuelles, le hip-hop fait depuis quelques temps l’objet de projets urbanistiques, qui se traduisent par la construction de centres culturels de grande ampleur dédiés au mouvement (Le Flow à Lille, La Place à Paris, la Maison des Cultures Urbaines à Dakar). Elaborés de manière indépendante dans les différentes villes, ces lieux ont pourtant un certain nombre de points communs dans leur structure et leur mode de fonctionnement. A quels enjeux territoriaux et artistiques doivent répondre la construction de tels équipements ? Qu’apporte la construction de lieux spécifiques au mouvement d’institutionnalisation du hip-hop ? Quels changements entraînent-ils dans l’environnement et le tissu urbain des différentes villes ?

 

Table-ronde animée par Séverin Guillard, en présence de :

  • Jean-Marc Mougeot

Directeur de La Place, centre culturel hip-hop (Paris)

  • Olivier Sergent

  • Amadou Fall Ba

Directeur du Flow, centre culturel hip-hop (Lille)

Chargé de mission du Maire de Dakar pour les Cultures Urbaines, Administrateur de la MCU (Dakar)

 

Projection du documentaire : « Boy Saloum : la révolte des Y’en A marre »

 

Jeudi 18h – 19h30

Au départ, ils n'étaient que des ados de province comme tant d'autres, avec des rêves plein la tête. Issus de milieux sociaux différents, Thiat et Kilifeu ont forgé leur amitié dans les rues de Kaolack, la deuxième ville du Sénégal. Pour exprimer leur révolte, ils fondent en 1996 leur groupe de rap, Keurgui, « la maison » en wolof. Leur popularité grandissant, ils décident de poursuivre leur carrière à Dakar, où ils rejoignent Safia avec qui ils cohabitent pendant plusieurs années. Mais leur vie va véritablement basculer le 16 janvier 2011, lorsque la capitale sénégalaise est une fois de plus privée d'électricité. Pour Thiat, Kilifeu, Safia et leur copain Fadel Barro, ce sera la coupure de courant de trop : ensemble, les quatre amis vont créer le mouvement Y'en a marre. Le succès se révèle aussi fulgurant qu'inattendu. Le mouvement, soutenu par une grande majorité de Sénégalais, finit par gagner son combat citoyen en obtenant, le 26 mars 2012, la défaite du président Wade à l'élection. A travers le portrait de ces quatre jeunes Sénégalais, ce documentaire raconte comment un groupe de hip-hop s'est appuyé sur sa notoriété pour porter le flambeau de la contestation politique, jusqu'à influer sur le cours de l'histoire.

 

Un film de Audrey Gallet (2012, 1h14)

 

 

Table ronde 2 : Des artistes hip-hop au cœur des mobilisations politiques : exemples internationaux

 

Jeudi 19h30 – 20h30

Les artistes hip-hop constituent des leviers importants de mouvements sociaux et politiques. En mettant leur notoriété ou leurs œuvres au service de causes plus vastes, ils et elles se font tantôt les moteurs des mobilisations, comme les actrices et acteurs du mouvement Y'en a Marre au Sénégal ou du Balai citoyen au Burkina-Faso, tantôt leur relai public et médiatique, comme l'illustrent en France les concerts de la Marche de la dignité ou les vidéo-clips du Collectif contre le contrôle au faciès. Comment les musiques hip-hop participent-elles à des mouvements sociaux plus larges ? En quoi ont-elles modifié les outils et les répertoires d'action politique ? Comment ces implications d’artistes hip-hop en faveur de mobilisations sociales ou politiques varient-elles en fonction des contextes historiques, spatiaux et politiques ?

 

Table ronde animée par Alice Aterianus et Marie Sonnette, en présence de :

 

  • Abdoulaye Niang

Sociologue, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (Sénégal), spécialiste des mouvements sociaux et musicaux en Afrique subsaharienne

  • Smockey

Rappeur burkinabé, animateur du Balai citoyen

 

Table ronde 3 : Les musiques hip-hop au-delà du rap

 

Vendredi 12h – 13h

Beatbox, turntablism, beatmaking, ragga, r'n'b, slam... Nombre de styles musicaux se sont développés dans le sillage de la culture hip-hop. Souvent éclipsés par le rap dans les médias ou le milieu académique, leur statut de "musiques hip-hop" est incertain, et fait parfois l'objet de débats vifs. Quelles relations historiques d'opposition ou de solidarité associent ces styles musicaux ? Quelles étiquettes concurrentes (black music, musiques urbaines...) existent pour décrire leurs liens multiples ? Comment est-ce qu'artistes et professionnel-le-s les définissent et évoluent entre ces styles ?

 

Table ronde animée par Karim Hammou, en présence de :

  • MKL

Producer

  • D’ de Kabal

Rappeur, slameur, human beat-boxeur, écrivain…

 

Les personnalités du colloque

 

Un premier conférencier : Murray Forman

Professeur en Media and Screen Studies à la Northeastern University, Murray Forman étudie les medias et la culture en se focalisant principalement sur les questions de musiques populaires, de race et d’âge. Pendant vingt ans, il a mené des recherches sur la culture hip-hop, contribuant au champ émergeant des hip-hop studies.

Il est l’auteur en 2002 de The ‘Hood Comes First: Race, Space and Place in Rap and Hip-Hop. Avec Mark Anthony Neal, il a co-dirigé en 2004 That’s the Joint!: The Hip-Hop Studies Reader. Son livre le plus récent, publié en 2012, est intitulé One Night on TV is Worth Weeks at the Paramount: Popular Music on Early Television.

Ses recherches actuelles portent sur la théorisation du hip-hop dans et comme diaspora et sur les questions d’âge et de vieillissement dans la culture, les médias et le hip-hop. Son projet le plus récent, Old in the Game: Age and Aging in Hip-Hop , devrait être publié aux Wesleyan University Press.

Murray Forman possède un doctorat en Communication Studies de l’Université de McGill et a été le premier bénéficiaire, en 2014-2015, de la bourse hip-hop Nasir Jones, du centre d’African-American Studies de l’Université d’Harvard.

Son intervention au colloque hip-hop portera sur les enjeux de la constitution d’un champ des hip-hop studies aux Etats-Unis, et porte le titre (provisoire) de « Why do we need hip-hop in academia ? » (« Pourquoi avons-nous besoin du hip-hop au sein de l’académie ? »). Une traduction de l’anglais vers le français sera assurée.

 

Une deuxième conférencière : Sujatha Fernandes

Sujatha Fernandes est professeur d’économie politique et de sociologie à l’Université de Sydney.

Sa recherche combine les questions d’économie politique et de sociologie avec une ethnographie approfondie de différents mouvements sociaux et économiques mondiaux.

Son premier livre, Cuba Represent!, se concentre sur les luttes culturelles qui ont émergées dans la société cubaine postsoviétique. Son second livre, Who Can Stop the Drums?, pose la question des espaces politiques existants pour les mouvements sociaux issus des barrios dans le contexte post-néo-libéral du Venezuela sous la présidence d’Hugo Chavez. Dans son troisième livre, Close to the Edge, elle se demande si les différents courants musicaux du hip-hop peuvent créer et maintenir un mouvement culturel global.

Sujatha Fernandes a écrit sur la mondialisation de la culture populaire noire, le hip-hop, les mouvements sociaux à la fois dans des revues universitaires et dans les médias généralistes, tels que le New York Times, The Nation, le Huffington Post, American Prospect, Dissent et Colorlines. Son travail a été traduit en espagnol, en portugais, en allemand, en français et en chinois. Elle est membre du comité éditorial de la revue Transition: The Magazine of Africa and the Diaspora.

Son intervention lors du colloque sera intitulée « "I’m an African:" Black Aesthetics and The Making of a Hip Hop Globe » (« "Je suis un-e Africain-e" : esthétique noir et émergence d’un monde hip-hop », et portera sur la manière dont le hip-hop peut ou non constituer un vecteur d’union entre les descendant-e-s de populations africaines de différents pays. Elle se fondera sur des enquêtes de terrain approfondies menées dans plusieurs villes du monde. Une traduction de l’anglais vers le français sera assurée.

 

Un grand témoin: Kohndo

KoHndo démarre sa carrière à 18 ans au sein de La Cliqua, célèbre groupe de emcees parisiens qui fera basculer le rap français dans une nouvelle ère, où message rime avec style et originalité. Aux cotés de Rocca et Daddy Lord C, KoHndo bâtit, sa réputation en dynamitant les instrumentaux, sans arme, ni haine, ni violence. Son rap est précis, conscient, et se fait dans l'amour de l'art. C'est cet amour de la mécanique musicale qui lui fera définitivement embrasser sa carrière d'artiste à la fin des années 90.

Suite à une écoute intensive de Kind of Blue et Midnight Marauders, Kohndo comprend que tout reste à faire et, pour se libérer du pré carré du rap hexagonal, il ouvre son esprit et son art aux autres pour devenir, en 2013, le premier professeur de rap enseignant dans un conservatoire. Mais KoHndo est un récidiviste, chaque sortie le ramène à sa nature, comme si ses multiples évasions ne servaient qu'à mieux retrouver son premier amour : une musique nourrie de ses racines new yorkaises ayant grandi dans les rues de Paris, une musique  sophistiquée et explosive ayant pour vertu de faire tomber les murs.

C'est ce qu'on peut ressentir à l'écoute d'Intra-muros, son quatrième album. Un disque en forme de film noir, en écho à ses expériences dans le monde carcéral, qui sonne comme la rencontre de Dark Side of the Moon et Illmatic. Un album qui prend au ventre, qui nous interroge sur l'enfermement comme sur nos propres solitudes.

Enraciné dans la culture Hip Hop, l'intention de Kohndo a toujours été de se saisir de la diversité et la richesse de la culture Hip hop et des ses multiples composants (dj-ing, graffiti, beat box, danse, rap) pour mettre en œuvre des projets qui visent à redonner au rap un caractère universel en réaffirmant ses valeurs originelles de diversité, d'excellence et de performance.

 

1

 La Cliqua, Conçu pour durer, Arsenal Records / Night & Day, 1995.

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